La vaccination en pharmacie

Après une période d'expérimentation de la vaccination anti-grippale à l’officine, l’article 59 de la loi n° 2018-1203 du 22 décembre 2018 de financement de la sécurité sociale pour 2019 a ouvert aux pharmaciens d’officine la possibilité d’effectuer les vaccinations dont la liste est fixée par arrêté du ministre chargé de la santé pris après avis de la Haute Autorité de santé.

Pour 2019, cette liste limite l’acte à l’administration de la vaccination contre la grippe saisonnière aux personnes majeures, ciblées par les recommandations vaccinales en vigueur, à l’exception des personnes présentant des antécédents de réaction allergique sévère à l’ovalbumine ou à une vaccination antérieure.

Le décret n° 2019-357 du 23 avril 2019 relatif à la vaccination par les pharmaciens d’officine :

  • met en place le régime de déclaration de l’activité de vaccination dans les pharmacies auprès des directeurs généraux des agences régionales de santé.
  • fixe également les modalités de traçabilité de la vaccination par les pharmaciens et de transmission des informations au médecin traitant
  • Prévoit par ailleurs des dispositions pour exonérer de la déclaration les pharmaciens déjà autorisés à vacciner dans le cadre de l’expérimentation mise en place par l’article 66 de la loi du 23 décembre 2016 de financement de la sécurité sociale pour 2017 ou du suivi d’une nouvelle formation les pharmaciens déjà formés.

Question fréquentes

Qui peut vacciner ?

La vaccination peut être effectuée au sein des pharmacies d’officine, des pharmacies de secours minières et des pharmacies mutualistes par un pharmacien en exercice au sein de cette pharmacie :

  • Pharmacien titulaire ou gérant ;
  • Pharmacien adjoint, inscrit à l’Ordre (tableau de la section D) pour la pharmacie ;
  • Pharmacien « intermittent », inscrit à l’Ordre (tableau de la section D), pour les périodes durant lesquelles il/elle est en activité au sein de la pharmacie.
  • Les pharmaciens vaccinateurs doivent avoir été déclarés à l’ARS par le titulaire ou gérant de la pharmacie, y compris les pharmaciens intermittents, pour pouvoir effectuer des vaccinations.
  • Les étudiants en pharmacie ne peuvent pas effectuer de vaccinations.
Une Formation est-elle nécessaire pour vacciner ?

Tout pharmacien doit avoir suivi une formation de 6 heures pour pouvoir vacciner :

  • Une formation théorique de 3h (possibilité de e-learning)
  • Une formation pratique à l’acte vaccinal de 3h La formation doit être suivie auprès d’un organisme ou d’une structure de formation respectant les objectifs pédagogiques fixés par arrêté du 23 avril 2019 et enregistré(e) auprès de l’agence nationale du développement professionnel continu (ANDPC).

La formation doit bénéficier d’un numéro d’enregistrement en tant qu’action de développement professionnel continu sur le site de l’ANDPC.

Les pharmaciens ayant bénéficié d’une formation dans le cadre de l’expérimentation à la vaccination contre la grippe saisonnière prévue par l’article 66 de la loi du 23 décembre 2016 de financement de la sécurité sociale pour 2017 sont dispensés d’une nouvelle formation si leur formation initiale à la vaccination répond au cahier des charges de l’arrêté du 23 avril 2019.

Les pharmaciens ayant suivi un enseignement relatif à la vaccination au cours de leur formation initiale peuvent vacciner sans avoir besoin de suivre une nouvelle formation.

Quelles sont les conditions techniques à respecter pour pouvoir vacciner ?

1. Disposer de locaux adaptés pour assurer l’acte de vaccination

  • Espace de confidentialité clos pour mener l’entretien préalable
  • Espace accessible depuis l’espace client
  • Espace sans accès possible aux médicaments

Conditions requises pour les locaux :

  • La réglementation précise que l'officine doit disposer de locaux adaptés pour assurer l’acte de vaccination comprenant un espace de confidentialité clos pour mener l’entretien préalable, accessible depuis l’espace client, sans accès possible aux médicaments.
  • Puis-je accompagner le patient dans mon bureau en passant par l’espace technique pharmaceutique ? Non. L'espace de confidentialité doit être accessible depuis l'espace client, sans permettre un accès possible aux médicaments. Par conséquent, le cheminement du patient par l'espace technique et permettant un accès aux médicaments n'est pas autorisé.
  • Est que l’espace de confidentialité doit être dédié à la vaccination ? Non pas forcément. La réglementation précise que l'officine doit disposer de locaux adaptés pour assurer l'acte de vaccination. Il n'est pas prévu que l'espace de confidentialité soit uniquement dédié à la vaccination.

2. Disposer d’équipements adaptés 

  • Table ou bureau,
  • Chaises et/ou fauteuil
  • Un point d’eau pour lavage des mains ou de solution hydro-alcoolique
  • Une enceinte réfrigérée pour stocker les vaccins
  • Un poste informatique pour l’alimentation du Dossier pharmaceutique et/ou le Dossier Médical Partagé
  • Disposer de matériel nécessaire pour l’injection du vaccin et d’une trousse de première urgence.

L’espace de confidentialité doit être clos et doit garantir la confidentialité de l'acte. Il doit disposer d’un équipement minimum : fauteuil, chaise, bureau. Le local doit permettre de garantir la qualité des actes réalisées : non encombré, propre…

Dois-je avoir un réfrigérateur contenant les vaccins dans l’espace de confidentialité ? Non pas forcément. La réglementation précise que l'officine doit disposer d'équipements adaptés dont une enceinte réfrigérée pour le stockage des vaccins. Par conséquent, cette enceinte réfrigérée n'est pas obligatoirement située dans l'espace de confidentialité.

Dois-je disposer d’un point d’eau dans l’espace de confidentialité ? Non pas forcément. La réglementation précise que l'officine doit disposer d'équipements adaptés dont un point d'eau pour le lavage des mains. Par conséquent, ce point d'eau n'est pas obligatoirement situé dans l'espace de confidentialité. Par ailleurs, les recommandations des structures d’appuis comme le CEPIAS (CCLIN/ARLIN) tendent à privilégier une friction hydro alcoolique plutôt qu’un lavage simple des mains. La friction hydro alcoolique doit respecter des règles précises.
Vous pouvez vous reporter à la plaquette hygiène des mains du CCLIN-Est ici : http://nosobase.chu-lyon.fr/recommandations/cclin_arlin/cclinEst/2012_hygiene_mains_CClinEst.pdf

3. Eliminer les déchets d’activité de soins à risque infectieux produits dans le cadre de la vaccination

Eliminer les déchets d’activité de soins à risque infectieux produits dans ce cadre, conformément aux dispositions des articles R. 1335-1 et suivants du code de la santé publique.

Rappel Historique

2017 - 2018

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2017 (article 66 ) permet la conduite d’expérimentations relatives à la vaccination contre la grippe saisonnière par les pharmaciens d’officine. Les conditions de mise en œuvre de ces expérimentations sont définies par un décret n° 2017-985 du 10 mai 2017 et l’arrêté du 10 mai 2017 modifié Pris en application de l'article 66 de la loi n° 2016-1827 du 23 décembre 2016 de financement de la sécurité sociale pour 2017 .

2018 - 2019

L’expérimentation de la vaccination s’étend à deux nouvelles régions : Hauts-de-France et Occitanie. La population cible est élargie. L'arrêté du 25 septembre 2018 autorise les pharmaciens d’officine à vacciner les personnes majeures visées par les recommandations vaccinales à l’exception de celles présentant des antécédents de réaction allergique sévère à l’ovalbumine ou à une vaccination antérieure. Les primo-vaccinants, les femmes enceintes, les personnes immuno-déprimées ou présentant des troubles de la coagulation peuvent dorénavant être vaccinés par le pharmacien.

2019 - 2020 

L’expérimentation de la vaccination antigrippale en officine a pris fin le 1er mars 2019. Depuis cette date, la vaccination fait partie des missions pouvant être exercées par les pharmaciens d’officine sur l’ensemble du territoire. Les pharmaciens pourront effectuer les vaccinations dont la liste doit être fixée par arrêté du ministre chargé de la Santé après avis de la Haute Autorité de santé (Article L.5125-1-1 A, alinéa 9 du CSP ).

Aller plus loin

Sources : ARS, Ordre des Pharmaciens